Community management, e-reputation : la fin des 35 heures ?
Ou comment de nouveaux métiers font évoluer les mentalités et cassent les législations en vigueur.
Les nouveaux usages du web font Ă©merger de nouveaux mĂ©tiers. On parle depuis maintenant 2 ans du “community manager”, un mĂ©tier initialement fourre-tout.
Depuis, des spĂ©cificitĂ©s sont apparues : content manager, community builder, gestionnaire de e-rĂ©putation… jusqu’au curator, censer digĂ©rer une masse de contenu puis diffuser l’essentiel (voir la dĂ©finition de Wikipedia US).
(Vous trouverez tous les types de dĂ©finition, dont celle que je publiais en octobre 2009, toujours d’actualitĂ© : “Community manager : un mĂ©tier transparent ?“).

Mais animer une communautĂ©, gĂ©rer la rĂ©putation d’une marque ne s’arrĂŞte pas Ă 18H00 un vendredi soir…
Veiller Ă son image, veiller Ă la communautĂ© dont on a la charge, surveiller les propos sur le web… telles sont -en partie- les missions d’un CM ou responsable webmarketing (plus gĂ©nĂ©ralement) :
- Ă©viter les spams sur le mur d’un profil (attention aux profils d’entreprise : “Les “profils” d’entreprises sur Facebook : plaie ou mesure indispensable ?“),
- éviter les dérives et diffamations dans les commentaires,
- modérer des propos déplacés,
- rĂ©pondre Ă des questions (ou mĂŞmes des “attaques”) sur un compte twitter ou une page Facebook.
En effet, le “web temp-rĂ©el” fait Ă©voluer les usages (et aussi la “patience” des utilisateurs, aujourd’hui habituĂ©s aux rĂ©ponses rapides… trop parfois).
Petit retour sur le web Temps-rĂ©el dans un très bon article Ă©crit en dĂ©cembre 2009 de Fabrice Epelboin et Marshall Kirkpatrick : “Dis, c’est quoi le web temps rĂ©el ?” :
Le web temps réel est clairement bien plus que Twitter et Facebook, même si ces deux stars de l’internet en sont les représentants les plus connus. Facebook finira probablement par ouvrir ses données utilisateurs et jouera alors un rôle beaucoup plus important qu’aujourd’hui, mais pour l’instant, seul Twitter joue l’ouverture et profite ainsi du potentiel d’une telle stratégie, celle du flux temps réel d’informations décorélé d’un site web particulier.
IntĂ©ressant de voir (en plus de 2 ans) l’Ă©volution avec “Facebook [...] jouera alors un rĂ´le beaucoup plus important qu’aujourd’hui” !
Quand le mĂ©tier s’adapte au support
Les rĂ©seaux sociaux n’ont pas d’horaires d’ouverture ou de fermeture : c’est du 24/24 365j/an… qu’on le veuille ou non et quelle que soit la nationalitĂ© (et donc le fuseau horaire) !
Le “support” (Facebook, Twitter ou un autre site spĂ©cifique Ă votre communautĂ© ou votre cible) va vivre toute la journĂ©e, toute la nuit (et mĂŞme pendant les repas).
Nous pourrions presque parler d’univers persistant en fonction de l’addiction de certain(e)s.
Ainsi, lorsque l’on gère la visibilitĂ© d’une marque, d’une sociĂ©tĂ©, d’un mĂ©dia ou d’une collectivitĂ© : il faut aussi pouvoir assumer sa prĂ©sence sur ces supports.
“Assumer” est un bon terme permettant Ă©galement de prendre conscience des ressources nĂ©cessaires !
En effet, pour éviter que votre marque ne soit associée à :
- de la publicitĂ© (notamment les spams vus actuellement par les Soldes RalphLauren, qui au passage mènent Ă un site basĂ© en Chine… Attention donc)
- des propos injurieux ou diffamatoires
- de la pub vers d’autres pages ou pas en adĂ©quation avec la marque

Quelle que soit votre stratĂ©gie d’ouverture choisie sur Facebook (mur autorisĂ© ou non), vous n’empĂŞcherez pas les commentaires. Et avec une modĂ©ration Ă postĂ©riori, rien n’empĂŞche un de vos fans d’y publier n’importe quel commentaire ou information.
Ainsi, une simple “surveillance” (hors publication) reste de rigueur, notamment avec la possibilitĂ© d’ĂŞtre alertĂ© lors d’un commentaire sur votre page ou d’un tweet vous mentionnant !
Twitter vous envoie depuis peu par email vos mentions et sur Facebook, la rubrique “Vos paramètres” dans l’Ă©dition d’une page vous permet de recevoir les nouvelles publications par email :

Comment quantifier son travail ?
Quantifier son travail, notamment lorsqu’on travaille une offre commerciale est dĂ©licat.
Pour travailler sur diffĂ©rents comptes chez Proximit Agency, l’approche n’est pas Ă©vidente car elle va reprĂ©senter un “volume” de temps Ă distiller tout au long de la journĂ©e (plutĂ´t de la semaine ou du mois).
En effet, sur ce type d’action ; si vous vendez 1 heure de travail de CM, cette heure sera “diluĂ©e”tout au long de la journĂ©e : veille, publication, modĂ©ration, remontĂ©e d’info, etc.
Ce volume doit ĂŞtre suffisant pour :
- Couvrir vos temps de publications (voire rĂ©daction), veille et reporting, etc. Mais aussi…
- Prendre en compte les “coups” de speed en cas de publication en dehors des heures d’ouverture (sic)
- Prendre en compte que vos horaires ne seront pas toujours dans cette plage d’ouverture (le classico-classique 9H-18h).
Ainsi, par exemple, proposer un volume de 22 heures / mois peut être perçu de différentes manières, tant pour le client que pour vous, en opérationnel.
- 22 heures reprĂ©sentent 1h par jour ouvrĂ©… C’est la vision client.
A la fin du mois, votre client vous dira “mais, vous ĂŞtes sur que vous avez passĂ© 1 heure tous les jours ?” (sic 2). - 22 heures, pour un CM opĂ©rationnel peut se ventiler de diffĂ©rentes manières : 30 minutes de publications diluĂ©es dans la journĂ©e, 2/3 petites heures pour un coup de boost ponctuel dans le mois, 5 heures pour Ă©tudier les nouvelles actions et les mettre en place sur moyen/long terme… le reste Ă©tant pour surveiller et si besoin modĂ©rer un commentaire dĂ©placĂ© un dimanche matin ou un jeudi soir après le film de votre chaine prĂ©fĂ©rĂ©e (ou un bon DVD).
La vision du travail est donc complètement diffĂ©rente. Par expĂ©rience, j’ai eu des pics de modĂ©ration et de surveillance pour le compte Facebook d’une chaĂ®ne TV lors de la pĂ©riode des cantonales en mars dernier a propos de dĂ©rives politiques devenant insultantes… Et les cantonales ont eu lieues : 2 dimanches de suite !
Il apparait Ă©vident donc de valoriser ce temps de travail, pendant lequel votre client n’est pas sensible dans l’immĂ©diat, mais se rend vite compte de son utilitĂ© lorsque le cas de prĂ©sente.
Quid des 35 heures (ou 39 heures) ?
Au mĂŞme titre que la rĂ©cente dĂ©cision du CSA qui a “dĂ©crĂ©tĂ© que renvoyer Ă une page Facebook ou Twitter d’une chaĂ®ne Ă©tait de la publicitĂ© clandestine, et donc illĂ©gal.” ,  ou comment selon l’article “la prĂ©histoire Ă l’échelle du web” rĂ©gule les usages d’aujourd’hui (voir l’article sur ITEspresso) ; ces mĂ©tiers d’aujourd’hui s’Ă©loignent des conventions d’hier.
Le code du travail datant du dĂ©but du siècle mais ajustĂ© en 1973 fait mĂŞme figure de pĂ©riode d’ère du palĂ©olithique infĂ©rieur. Quant Ă la loi des 35 heures : elle remonte maintenant Ă plus de 10 ans.
Comment appliquer ce cadre alors que les usages évoluent ?
La question reste ouverte… mais j’ajouterais dans les qualitĂ©s d’un community manager : l’amour de son travail. Attention : pas “donner sans compter”, mais pouvoir intĂ©grer cette sorte de “surveillance” dans son surf perso du week-end
C’est une solution possible…
Et comme l’a Ă©crit Paulo Coelho : “Lorsqu’une chose Ă©volue, tout ce qui est autour Ă©volue de mĂŞme.“
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très bon article résumant bien la situation! merci!
Excellente approche pour poser le dĂ©bat. En y ajoutant le lien avec la crĂ©ation de valeur des dispositifs surveillĂ©s (ecommerce, marque, service client…) on justifie l’intĂ©rĂŞt ou pas de se lancer dans cette Ă©conomie numerique temps-rĂ©elle.
Cette situation existe bien avec les hĂ´pitaux, les centrales nuclĂ©aires ou les distributeurs d’eau qui demandent une organisation du travail pour gĂ©rer l’astreinte et les gardes. Le problème actuel vient du fait que le CM concentre sur lu cette activitĂ© alors qu’elle est distribuĂ©e dans ces autres mĂ©tiers. L’issue semble donc ĂŞtre la diffusion de la compĂ©tence CM dans l’entreprise numerique.